Si vous lisez chaque dimanche le JDD, l’interview du 7 mai dernier accordée par le ministre délégué à la Transition Numérique Jean Noël Barrot ne vous aura pas échappé. Il dévoile quelques mesures d’un projet de loi pour lutter contre les abus sur internet. Au détour d’une question sur le déficit de main d’œuvre, le ministre parle de féminisation des métiers de la tech et rappelle que le 8 mars, Elisabeth Borne a annoncé un objectif de parité dans les filières scientifiques d’ici à 2027. En fait il faudrait parler de double parité, hommes/femmes mais aussi techniciens/non techniciens et cela raisonne plus particulièrement dans la cyber. - Frédéric Simottel
La France a un déficit de main d’œuvre (numérique globalement et cyber plus particulièrement) admet Jean Noël Barrot, dans une interview au JDD (7 mai). Le ministre affirme que la réforme des lycées professionnels figure parmi les clés pour y répondre. Et de rappeler que dès le collège, les élèves apprennent le codage informatique et qu’un bac professionnel cyber a été créé. Dans le cadre de France 2030, 2,5 Md€ sont prévus pour la formation aux métiers d’avenir dont 500 millions engagés pour les métiers du numérique. Il rappelle enfin que Emmanuel Macron s’était engagé pendant la campagne à ce que la France forme 400 000 experts du numérique à l’horizon 2030. Il cite enfin ce besoin de parité et de féminisation des métiers du numérique.
Certes, et notamment dans le domaine cyber, la parité hommes/femmes doit être un objectif mais cessons de cantonner le numérique -y compris la cyber- à des métiers forcément techniques et visons aussi à une parité des profils techniciens/non techniciens. Parmi les besoins en cyber figurent ainsi des métiers liés à l’organisation, à la gestion d’équipes et de projets, aux RH, au juridique, à la logistique, à la gestion d’une stratégie commerciale ou d’une politique tarifaire, au développement à l’export, au développement durable, etc. Ces profils sont à aller chercher ailleurs que dans les filières scientifiques ou les bacs professionnels. Les fondamentaux de la cyber doivent faire partie d’un tronc commun au cœur de toutes les cursus scolaires.
ChatGPT rebat les cartes de l’apprentissage au codage informatique
De même pour le codage informatique. Apprendre à coder c’est bien. Mais les démarches d’apprentissage au Low Code/No Code sont à envisager pour certains profils. De même l’irruption de modèles de langages comme ChatGPT nous apprend aussi que cette discipline peut être appréhendée complètement différemment. De la même manière que l’on traduit un texte, que l’on analyse une prose ou que l’on essaie de comprendre un poème, on peut apprendre à déchiffrer un programme écrit par une IA. Faîtes le test sur une application assez simple. Même en n’ayant jamais touché une ligne de code, il suffit de définir clairement le contexte, vos objectifs, d’échanger avec l’IA sur les points à approfondir et l’application se bâtit. Ce qu’il faut c’est surtout en comprendre la logique et ne pas se laisser dépasser. Cela prend du temps, mais quelle valeur et quelle expérience vous en dégagez !
Se risquer Ă recruter des profils moins techniques
Aussi pour combler nos pénuries en compétences cyber, il faut avoir le cran de se risquer vers des profils beaucoup moins techniques. Il faut également savoir prendre le temps pour mieux les accompagner, les mentorer, et les former. Il n’y a qu’en passant par là que nous pourrons parer rapidement à ce manque de main d’œuvre. Les ingénieurs de demain sont aujourd’hui à peine en maternelle. Cela signifie qu’ils seront opérationnels en 2045 ! Osons la diversité et les parités sous toutes leurs formes.
Chiffres et études :
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